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| La clé du cœur |
Le cœur du Fort céleste était étincelant. D'anciennes runes couvraient chaque surface et le moindre centimètre carré des murs de pierre, mais aussi du sol et des plafonds. Ces inscriptions rayonnaient d'une lumière dorée qui palpita au rythme des pas des deux Planeswalkers quand elles pénètrèrent dans la salle. L'élémental de Nissa (ou « le monstre de fougères » selon Nahiri) avançait avec peine derrière elles.
Mais ce n'était pas les runes qui monopolisaient l'attention de la lithomancienne. Celle-ci gardait le regard fixé sur une courte colonne se dressant au milieu de la pièce, le cœur du cœur de la forteresse, car, en son centre, se trouvait une petite tesselle qui brillait comme une étoile.
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| Inscription de perspicacité par : | Zoltan Boros
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« Qu'est-ce que c'est ? » demanda Nissa, plantée à côté d'elle.
Nahiri se contenta de sourire. Voilà qui est prometteur. Très prometteur, même. Cette seule pensée eut pour effet de la remplir d'un espoir qu'elle n'avait plus ressenti depuis très longtemps. « C'est une clé » finit-elle par répondre.
« Une clé ? Pour ouvrir quoi ? »
« Elle sert à libérer le grand pouvoir que nous cherchons. »
Nissa fronça les sourcils. « J'avais cru t'entendre dire que nous trouverions ici de quoi guérir Zendikar. »
« J'ai dit que les anciens textes n'étaient pas toujours très clairs, précisa sèchement Nahiri. Mais l'objet que nous cherchons est à la fois puissant et dangereux. Il s'agit. . .d'un orbe. Il porte un nom qu'on pourrait vaguement traduire par cœur de lithoforme, et c'est le dernier qui existe encore. »
L'élémental de fougère changea de position, comme s'il était gêné visiblement troublé, et Nissa afficha clairement son scepticisme. « Comment le sais-tu ? » demanda-t-elle.
« C'est ce qui est écrit », répondit l'autre, approchant du support. Alors qu'elle avançait, les runes se mirent à étinceler avec plus d'intensité, comme pour l'attirer. « C'est écrit dans tout ce qui nous entoure. »
Nissa la suivit. « Tu veux dire que tu sais lire les runes ? »
« Bien entendu. Je suis une ancienne kor. »
« Oh. C’est vrai. » Rougissant, Nissa retourna auprès de la créature de fougères tandis que Nahiri continuait d'avancer vers son but. Elle entendit l'elfe murmurer « Ne t'éloigne pas de moi » à leur compagnon.
Quand elle arriva au pied du support, les runes gravées tout autour s'illuminèrent une fois, puis s'estompèrent. Devant elle, la clé brillait intensément, comme si elle lui souhaitait la bienvenue, mais la lithomancienne préféra ne pas s'en emparer immédiatement. Au lieu de cela, elle posa les deux mains sur le marbre froid, de part et d'autre de la clé puis écouta les pierres et évalua leur puissance, à la recherche de pièges éventuels.
Elle n'en perçut aucun.
Alors, calmement, elle tendit la main vers la clé et la prit.
Dans sa paume, l'objet brilla davantage, la saluant comme s'il s'était agit d'une amie retrouvée après une longue absence.
« Bien ! Maintenant que nous avons la clé, j'imagine qu'il nous faut trouver la serrure », fit Nissa.
« En effet, confirma Nahiri, perdue dans ses pensées. Les runes parlent de Murasa et d'un Fort céleste qui se trouve là-bas. »
« Il ne faudrait surtout pas que ce soit simple, n'est-ce pas ? pesta Nissa en soupirant. Et qu'est-ce que les runes disent d'autre ? »
« Qu'une fraction du pouvoir de l'orbe se trouve dans cette pièce, mais aussi dans cet objet, répondit la lithomancienne, lui montrant la clé. Je... »
Elle s'interrompit. Elle ressentit à nouveau le grondement du Roulis. Elle n'avait cessé d'y prêter attention, restant en contact avec le terrain même si elle se trouvait à des kilomètres au-dessus de lui. Elle avait bien l'intention d'apprendre à prédire ces épisodes imprévisibles.
Nahiri serra les dents. Le Roulis, ce satané Roulis.
Vu l’expression de Nissa, elle comprit que l'elfe l'avait senti, elle aussi. « Montre-moi », demanda Nissa.
Alors, Nahiri prononça les mots d'un langage ancien qu'elle n'avait plus utilisé depuis des millénaires. Elle sentit le pouvoir se concentrer sous ses pieds puis répondre à son appel. Puis elle libéra toute cette puissance fraîchement invoquée en direction de la terre qui ondulait sous les assauts du Roulis.
Il y eut un éclair de lumière et Nahiri se couvrit les yeux. Toutefois, à des kilomètres plus bas, le Roulis hésita puis, comme un monstre dont le cœur aurait été percé d'une lance, qu'il trembla une dernière fois avant de s’interrompre. Elle fut soudain entourée de bruits de frottement et de crissements. Elle sentit que le Fort céleste était en train de se reconstruire, même s'il ne pouvait pas le faire complètement, car les runes ne renfermaient pas la puissance nécessaire. Cependant, cette ancienne forteresse en ruine se reconstruisait.
Un sentiment de bonheur envahit Nahiri et elle serra la clé contre sa poitrine. Elle l'avait trouvé ! Elle avait trouvé le moyen de guérir Zendikar.
À cet instant, derrière elle, l'homme-fougère poussa un hurlement.
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